« Soutenir EDF a du sens quand la baisse des livraisons de gaz par la Russie menace la sécurité énergétique de l’Europe »

« Soutenir EDF a du sens quand la baisse des livraisons de gaz par la Russie menace la sécurité énergétique de l'Europe »
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Sans majorité absolue à l’Assemblée nationale, Emmanuel Macron peut-il lancer la réforme d’EDF, aussi impérative qu’urgente ? Lesté d’une dette de 43 milliards d’euros, malade du vieillissement de ses centrales nucléaires, fragilisé par les exigences exorbitantes de Bruxelles et les décisions de l’Etat pour alléger la facture d’électricité des Français, le géant de l’énergie vit une année noire. Mais au Palais-Bourbon, ni la Nupes ni le Rassemblement national ne sont disposés au compromis.

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Il en va du statut d’entreprise publique d’EDF comme de certaines lois, qu’il ne faut « toucher que d’une main tremblante », selon la formule de Montesquieu. En 2006, la privatisation de Gaz de France, préalable à son mariage avec Suez, avait donné lieu à une mémorable bataille parlementaire. La réorganisation d’EDF, qui impose certaines modifications législatives, risque de l’être tout autant, alors que la Commission européenne reste, elle, vigilante sur l’obligation faite au groupe de revendre à ses concurrents (et à bas prix) une partie de sa production nucléaire.

« Le risque d’une forme de statu quo »

Un premier projet, nécessaire Hercule, avait échoué en 2021, en raison de désaccords persistants avec Bruxelles (sur la régulation) et de l’opposition unanime des syndicats. Il prévoyait une nationalisation totale de l’activité nucléaire (EDF Bleu), et l’ouverture d’EDF Vert (Enedis, énergies renouvelables, commercialisation) aux investisseurs privés. Favorable à ce schéma proposé par le PDG, Jean-Bernard Lévy, le président de la République espère relancer une réforme assez proche après les élections législatives.

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Soutenir EDF et le nucléaire a du sens quand la baisse des livraisons de gaz par la Russie menace la sécurité énergétique de l’Europe. Et Emmanuel Macron pourrait espérer le soutien des soixante-quatre députés du groupe Les Républicains-UDI, partisans du nucléaire et ouverts à l’entrée de capitaux privés dans certaines activités. Ils s’affichent pour l’instant un refus de tout accord avec les élus macronistes, même si la politique du pire – laisser EDF dans une situation intenable – leur imposera sans doute des compromis.

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« Le risque réel est de laisser EDF dans une forme de statu quo », s’inquiète Sébastien Michel, secrétaire de la Fédération chimie-énergie de la CFDT. M. Lévy s’impatiente aussi, même s’il ne pourra mener à bien cette réforme, atteint par la limite d’âge de 68 ans en mars 2023. L’Agence des participations de l’Etat va lancer des chasseurs de têtes pour lui trouver un successeur, un homme ou une femme suffisamment animé(e) par l’esprit de service public pour accepter 450 000 euros par an – un salaire modeste pour une entreprise aussi stratégique.

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