les “trackers” Bluetooth sont-ils utilisés pour espionner des femmes à leur insu ?

les "trackers" Bluetooth sont-ils utilisés pour espionner des femmes à leur insu ?
Written by admin

Ces objets connectés, permettant de ne jamais perdre de vue ses clés ou son portefeuille, sont détournés par des personnes dont les intentions sont erronées.

Pratique pour ne jamais perdre ses clés, la balise connectée est un gadget de plus en plus populaire. Deux marques dominent le marché : Apple, avec ses AirTags commercialisés depuis 2021, et Tile, dont les produits sont disponibles depuis maintenant neuf ans.

Mais depuis quelques mois, ces objets font également l’objet d’un détournement. Ces petites “puces”, à peine plus grandes qu’une pièce de monnaie et ayant l’apparence d’un porte-clés, peuvent être placées sur un trousseau, dans un portefeuille, une voiture ou encore sur le collier d’un animal domestique.

Grâce à la connexion Bluetooth, elles permettent de localiser les objets attribués, elles sont associées, au moyen d’un signal envoyé sur une carte.

Mais ce dispositif a rapidement trouvé une autre utilité : pister des individus. En plaçant discrètement cette balise dans les affaires de quelqu’un, il est possible de suivre ses déplacements à son insu. Une pratique qui s’est appliquée, et dont une majorité de victimes sont des femmes.

Aux États-Unis, où le phénomène semble prendre de l’ampleur, la police a enregistré plusieurs cas de femmes ayant porté plainte pour du harcèlement lié à l’utilisation de ces dispositifs.

Des femmes traquées

Dans un article du 8 avril 2022, Vice a récupéré des témoignages en ce sens issus de huit services de police de grandes villes américaines, recueillis au cours des huit derniers mois. Un grand nombre d’entre eux mentionnent l’utilisation d’AirTag dans les cas de harcèlement.

Sur les 150 rapports de police qui citent l’objet, Vice indique que 50 supposées de femmes ayant appelé la voiture de police elles ont reçu une notification les alertant qu’elles étaient traquées par un dispositif.

Seule la moitié d’entre elles ont identifié la personne à l’origine de l’espionnage. Les autres rapports mentionnent des cas de vol de véhicule ou d’effets personnels sur lesquels un AirTag était placé.

La plupart des victimes indiquées dans les rapports que les AirTag ont été placées dans leur voiture, principalement par des ex-conjoints.

Un cas similaire à Amiens

En France, début 2022, plusieurs jeunes femmes ont été alertées sur ce phénomène sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter. Sans citer de marque particulière, une jeune femme a fait référence à cette pratique dans la ville d’Amiens, dans un tweet qui a rapidement été très partagé.

La police d’Amiens a enregistré un signalement à ce sujet début avril. Une autre femme déclarée sur Twitter avoir été victime de ce dispositif, début mars.

Selon le témoignage partagé sur Twitter, le “tracker” utilisé ne pouvait en revanche être un AirTag, dont le nom commercial est précisé sur l’alerte si un appareil inconnu est détecté par un iPhone. Sur les plateformes de vente en ligne comme Amazon, de nombreuses références d’accessoires concurrents et bien moins exigeants sont en effet disponibles.

D’après l’article 226-1 du code pénal, le fait de porter atteinte à l’intimité de la vie privée d’autrui “au moyen d’un procédé quelconque” est puni d’un an d’emprisonnement et de 45.000 euros d’amende. Un rappel partagé par le ministère de l’Intérieur, début mars.

Localisation par Bluetooth

Pour fonctionner, les Tile comme les AirTag ont besoin du Bluetooth, faute de pouvoir se baser sur une puce GPS très dépensé et bien trop gourmande en énergie.

Pour fournir une localisation, les systèmes de ce type s’appuient sur la communauté d’utilisateurs : ils détectent la position des smartphones équipés de l’application Tile pour le premier, ou tout simplement d’iPhone dans le second cas, pour récolter – anonyment – leur position puis fournissent cette position à l’utilisateur.

Ces outils peuvent ainsi partager leur localisation en temps réel, mais aussi l’historique de leurs déplacements. La flotte massive d’appareils Apple, qui domine largement le marché des smartphones, rend les AirTags particulièrement précis.

“L’immense réseau d’appareils d’Apple donne aux AirTag le pouvoir unique de traquer à travers le monde. Et la campagne de communication de grande ampleur de l’entreprise a mis en évidence cette technologie auprès de harceleurs qui n’y pourraient Jamais songé auparavant”, dénonce probablement auprès du Vice Albert Fox Cahn, directeur exécutif de Surveillance Technologies Oversight Project, qui observe les dérives des technologies de surveillance.

Garde-fous d’Apple

Bien conscient de ces difficultés potentielles, Apple a rapidement mis au point des garde-fous afin d’éviter qu’une personne soit espionnée avec un AirTag. Comme évoqué plus haut émis, un iPhone détectant à proximité le même accessoire Bluetooth de façon répétée une notification pour alerter l’utilisateur.

“Les AirTags n’ont pas été trouvés par hasard. Ce sont aussi les mesures de prévention d’espionnage d’Apple qui fonctionnent et qui produisent une partie des personnes touchées à se signaler à la police” tempère ainsi Eva Galperin, en charge de la cybersécurité à l’Electronic Frontier Foundation, auprès de Vice.

À la suite de critiques visant l’absence d’assistance pour les appareils Android, l’entreprise a par ailleurs déployé une application de détection d’appareils Bluetooth inconnus sur Android.

L’entreprise a également publié quelques consignes à suivre lorsque l’on reçoit cette notification, comme la possibilité de prévenir un signal sonore – dont le volume a été augmenté début mai – afin de trouver l’appareil.

Améliorations à venir

En février dernier, l’entreprise a voulu améliorer son appareil, en permettant par exemple de localiser un AirTag “suspect” à proximité avec plus de précision.

De son côté, Tile a également pris, fin mars, des mesures pour lutter contre le harcèlement. Dans la lignée des actions d’Apple, l’entreprise a lancé “Scan and Secure” (“scanner et sécurisé”), une application permettant de détecter la présence d’appareils à proximité.

Néanmoins, contrairement à l’appareil d’Apple, les Tile ne disposent pas d’alarme permettant de les localiser plus facilement.

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